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Quelques explications sur le RMD (Rendement Maximum Durable)

C’est quoi le RMD ?

Parfois appelé production maximale équilibré le RMD se définit comme la plus grande quantité de captures que l’on peut extraire d’un stock halieutique à long terme et en moyenne, dans les conditions environnementales existantes (moyennes), sans affecter significativement le processus de reproduction. (Définition de la FAO)

Comment atteindre le RMD ?

Pour qu’un stock soit exploité au rmd, il faut, toutes choses étant égales par ailleurs, ajuster l’effort de pêche pour que les prélèvements soient maximaux tout en maintenant les capacités de renouvellement du stock.

On peut aussi envisager de maximiser le RMD en ajustant les modalités de captures (diagramme d’exploitation, sélectivité) pour tirer le meilleur parti du stock à effort de pêche identique. Par exemple, capturer des petits poissons, c’est en prendre un grand nombre mais de faible poids ; à

l’inverse, les poissons plus âgés sont plus gros, mais moins nombreux ; maximiser les captures c’est

trouver le juste milieu.

Dans les pêcheries mixtes qui ciblent ou capturent plusieurs espèces simultanément, il faut également

tenir compte du fait que l’adaptation de l’effort de pêche pour atteindre ou maintenir le niveau de

mortalité par pêche d’un stock permettant d’atteindre le RMD pour un stock ne permet pas nécessairement d’atteindre le RMD pour d'autres stocks, voire peut conduire à des sous-utilisations

pour certains.

Pourquoi cet objectif RMD ?

La gestion des pêches s’est pendant longtemps limitée à tenter d’éviter les catastrophes (traduction

minimaliste de l’approche de précaution) ou de réagir à celles-ci. ‘Maintenir les stocks dans leurs

limites biologiques de sécurité.

Rappel : Un stock est dans ses limites biologiques de sécurité lorsque l’indicateur de biomasse féconde

(quantité de géniteurs) est supérieur à un seuil dit de précaution (Bpa) et quand la mortalité par pêche

est inférieure au seuil de précaution Fpa. La biomasse de précaution est la quantité de reproducteurs en

dessous de laquelle les risques de réduction des capacités reproductives du stock deviennent très

élevés ; la mortalité par pêche de précaution est la mortalité par pêche au dessus de laquelle les risques

de voir la biomasse des reproducteurs tomber en dessous de Bpa sont forts (définitions du CIEM).

Cette définition des limites biologiques de sécurité est également celle utilisée dans le plan d’action

pour la Méditerranée des Nations Unies et dans le cadre du Système d'Information sur la Nature et les

Paysages (SINP). La notion de RMD n’est pas récente. Elle est présente dans de nombreuses publications scientifiques du début du XXème siècle. Elle apparait dans des textes internationaux (notamment onusiens, puis dans les conventions de certaines organisations régionales de pêche comme l’ICCAT) dans les années

1950. La référence au RMD est aujourd’hui utilisée par la plupart (toutes ?) les organisations régionales de

gestion des pêches comme objectif de gestion.

Quel objectif ? pression de pêche (F) ou biomasse (B) ?

L’objectif est d’obtenir durablement des captures les plus élevées possibles or la pression de pêche est

un moyen d'y parvenir, la biomasse une conséquence. Il faut rappeler, une fois encore, que la pêche

constitue l’unique variable de contrôle et qu’il est donc logique d’en faire l’objectif de gestion.

A terme, et en moyenne7, trois objectifs sont compatibles : un stock exploité plusieurs années8 au

niveau de pression de pêche FRMD, donnera des captures maximales, et verra sa biomasse se

stabiliser à un niveau que l’on pourra alors estimer comme étant la valeur de biomasse BRMD

 

L’objectif de mortalité par pêche (FRMD) est un objectif de moyen, à la fois plus facile à identifier et

plus rapide à atteindre.

La ‘querelle’ autour du choix de l’objectif (F ou B) est avant tout une affaire d’échéance. En effet,

ajuster la pression de pêche à FRMD en 2015 (là où c’est possible) et au plus tard en 2020 conduira,

selon les stocks, à atteindre effectivement l’équilibre, c'est-à-dire les captures maximales et la

biomasse maximale compatible avec cette exploitation (BRMD), plusieurs années plus tard. NB. Sous

réserve que les stocks soient dans les ‘limites biologiques de sécurité’, ce délai ‘supplémentaire’ n’est

pas préjudiciable aux ressources. Seuls les pêcheurs pourraient se plaindre de ne pas bénéficier plus

rapidement de captures maximales.

Vouloir atteindre l’équilibre (BRMD) en 2015   nécessiterait des décisions de gestion extrêmement

draconiennes, sans qu’il soit assuré, même en arrêtant la pêche aujourd’hui et jusqu’en 2015, que cet

objectif puisse être atteint pour la plupart des ressources.

Cela pose par ailleurs deux problèmes :

- le premier, de fond, est que cette ‘urgence’ n’est pas biologiquement motivée (encore une fois

sous réserve que les stocks soient dans les limites biologiques de sécurité).

- le deuxième est d'ordre "pratique" : peut-on estimer la valeur de biomasse à l’équilibre

(BRMD)? En effet, la biomasse est le résultat d’événements ‘naturels’ (recrutement, croissance,

mortalité naturelle) et des pêcheries. S’il est possible d’estimer la valeur que prendrait la

biomasse d’un stock pris isolément (toutes choses étant égales par ailleurs) une fois en

équilibre après plusieurs années d’exploitation à FRMD, cette valeur reste théorique. Car tous

les stocks ne peuvent atteindre simultanément la valeur de BRMD, théorique, calculée sur une

base mono-spécifique et dans un écosystème ‘figé’. Il faut tenir compte de la compétition

trophique, des relations inter-spécifiques [lorsque le stock d’une espèce prédatrice augmente,

la biomasse des stocks proies diminue, et réciproquement] ; il faut également tenir compte des

changements de productivité du stock à court terme dus à des modifications des conditions

environnementales.

Des simulations à la fois mono et multi-spécifique montrent que la valeur de ‘FRMD’ est, le plus

souvent, moins sensible que celle de ‘BRMD’ aux relations interspécifiques. L’exemple de la morue de

mer Baltique montre que l’utilisation de modèles mono et multi-spécifiques conduit à des estimations

de FRMD assez similaires, alors que les estimations de ce que pourrait être le BRMD varient du simple au

double (CIEM, 2013).

Même si les avis rendus pour la gestion des ressources par le CIEM se fondent sur le FRMD

(considérant que l’estimation que l’on peut faire aujourd’hui de BRMD, sur une base mono-spécifique,

est purement théorique), il existe une condition sur le niveau de biomasse : cette dernière, estimée dans

le court terme, doit rester, non seulement au dessus de la ‘limite biologique de sécurité’, mais

également au dessus d’un seuil déclencheur d’une réduction supplémentaire de la mortalité (MSYBtrigger).

La valeur retenue pour ce seuil se situe dans la fourchette basse des estimateurs de biomasses

associées au RMD et sera révisée au fur et à mesure que de meilleures connaissances sur les niveaux

de biomasse résultant d’une exploitation à FRMD seront disponibles.

Quels avantages du RMD (d’une exploitation à FRMD ou de stocks à BRMD) ?

Outre le fait que des biomasses associées au RMD constituent une quasi garantie (sauf accidents) que

les stocks considérés soient dans les limites biologiques de sécurité (exigence écologique minimale), le

RMD est surtout avantageux pour les pêcheurs, car :

- un stock au RMD (exploité longtemps à FRMD et dont la biomasse s’approche de BRMD) a une

structure en âge beaucoup plus équilibrée avec de nombreux vieux poissons. La reproduction

est favorisée et les pêcheurs peuvent capturer des poissons plus gros12.

- un stock au RMD est moins sensible aux aléas naturels et permet donc des captures plus

stables d’une année sur l’autre

- pêcher au RMD permet des rendements supérieurs puisque les pêcheurs capturent la même

quantité en moins de temps (l’abondance étant supérieure). A chiffre d’affaires identique, les

coûts sont moindres (et notamment la consommation de carburant), et donc les bénéfices

supérieurs.

Il faut également souligner le fait que le RMD constitue un cadre objectif quantitatif et simple pour

évaluer l’exploitation des ressources et effectuer des recommandations pour leur gestion.

Quelles difficultés ?

Il y en a deux : atteindre le RMD et le maintenir.

Atteindre le RMD (FRMD) ne signifie pas nécessairement diminuer les quotas. Dans les cas (nombreux)

où la biomasse des ressources augmente, maintenir les captures au niveau actuel (voire parfois en les

augmentant légèrement) correspond à une diminution de la mortalité par pêche et peut permettre

(selon l’état du stock et son niveau d’exploitation, mais aussi selon l’échéance fixée) d’atteindre le

RMD. Pour autant, une diminution de l’effort de pêche dédié aux ressources concernées est nécessaire.

Maintenir le RMD : lorsque les ressources augmentent, et donc les rendements, pêcher la même

quantité nécessite finalement de réduire l’effort de pêche (diminuer la longueur des filets, aller moins

longtemps en mer…).

Sur ces deux points, des plans de gestion élaborés et adoptés par tous les acteurs sont indispensables.

Quelques recommandations pour maintenir le RMD (Rendement Maximum Durable)

.VEILLEZ À gérer les pêches de façon à maintenir l’exploitation au niveau durable maximal lorsque la production alimentaire est une priorité et que l’atteinte du RMD ne compromet pas la capacité de

reproduction des stocks concernés.

 

„.VEILLEZ À maintenir certains stocks de poissons dans un état de sous-exploitation lorsque

l’application du principe de précaution s’impose pour préserver l’écosystème considéré,

conformément aux approches écosystémiques.

 

„.VEILLEZ À réduire l’intensité de pêche pour reconstituer les stocks lorsque ceux-ci sont

considérés comme étant surexploités selon les évaluations.

 

„.VEILLEZ À NE PAS surexploiter un stock donné: en plus de réduire le rendement à long terme, cette

situation nuira à la biodiversité ainsi qu’au fonctionnement des écosystèmes et, partant, aux

services qu’ils fournissent.

 

„.VEILLEZ À NE PAS fusionner les catégories «stocks exploités au niveau durable maximal» et

«stocks surexploités». La première correspond généralement à la cible à atteindre en matière

de gestion des pêches, tandis que la deuxième met en lumière une situation à éviter ou à

laquelle il faut remédier au moyen de réglementations sur la pêche.

                               

 

Source : Ifremer, FAO

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Nabil Moustapha

Community Manager chez aywjieune SAS